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07 AVRIL 1803🇭đŸ‡č
07 AVRIL 2020🇭đŸ‡č »

François-Dominique Toussaint Louverture Ă  l’origine Toussaint de BrĂ©da, nĂ© vers 1743 prĂšs du Cap-Français (actuel Cap-HaĂŻtien) et mort en captivitĂ© le 7 avril 1803 Ă  La Cluse-et-Mijoux (Doubs), est un gĂ©nĂ©ral et homme politique français[1] des Antilles d’origine afro-caribĂ©enne.
Descendant d’esclaves noirs, lui-mĂȘme affranchi, il joue un rĂŽle historique de premier plan en tant que chef de la RĂ©volution haĂŻtienne (1791-1802) et devient l’une des grandes figures des mouvements anticolonialiste, abolitionniste et d’Ă©mancipation des Noirs.
L’historiographie haĂŻtienne ou encore l’Ɠuvre de l’abolitionniste Victor SchƓlcher ont Ă©rigĂ© Toussaint Louverture en modĂšle de libĂ©rateur de l’oppression. D’autres historiens prĂ©sentent une vision plus contrastĂ©e du personnage, nostalgique d’un Saint-Domingue « perle des Antilles », dans lequel il a grandi et prospĂ©rĂ© et dont l’opposition au systĂšme colonial de l’Ancien RĂ©gime serait Ă  nuancer. Pourtant c’est bien la RĂ©volution qui porte cet ancien esclave noir affranchi dans les plus hautes strates du pouvoir militaire puis politique de la colonie française de Saint-Domingue jusqu’Ă  sa chute face Ă  l’armĂ©e du gĂ©nĂ©ral Leclerc envoyĂ©e par le Premier consul Bonaparte qui, parallĂšlement, rĂ©tablit l’esclavage (1802).
ArrĂȘtĂ© et emmenĂ© en France, Toussaint Louverture finit ses jours en 1803, incarcĂ©rĂ© en isolement au fort de Joux, dans le rude climat du Doubs, sans avoir pu connaĂźtre la proclamation d’indĂ©pendance d’HaĂŻti le 1er janvier 1804 par son ancien lieutenant Jean-Jacques Dessalines.

Toussaint BrĂ©da, un habitant noir propulsĂ© chef militaire d’esclaves insurgĂ©s

Un noir créole affranchi

La premiĂšre partie de l’existence de Toussaint appartient en grande partie Ă  la mythologie. Il serait nĂ© esclave Ă  Saint-Domingue (actuelle HaĂŻti ; Ă  ne pas confondre avec la capitale de la RĂ©publique Dominicaine) au dĂ©but des annĂ©es 1740 ; non pas libre en Afrique car Toussaint occupait des fonctions de domestique, trĂšs certainement de cocher, une faveur qui n’était rĂ©servĂ©e qu’aux crĂ©oles.
On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait Ă©tĂ© le fils de Gahou DeguĂ©non, un prince africain d’Allada (actuel BĂ©nin). Cette rumeur circulait de son vivant. L’historien français du xixe siĂšcle Antoine Marie ThĂ©rĂšse MĂ©tral rapporte qu’« en l’an X, quand la perte de Toussaint Louverture fut jurĂ©e, on lui reprocha dans les journaux d’ĂȘtre le descendant d’un roi d’Afrique (voyez les journaux de vendĂ©miaire et de brumaire de ce temps) ».
Selon l’historien Bernard Gainot, dans son cours magistral enseignĂ© Ă  La Sorbonne, ce mythe d’une ascendance royale trouve peut-ĂȘtre son origine dans le fait que Toussaint Louverture savait lire et Ă©crire, ce qui impressionnait les autres esclaves. Pourtant, Toussaint n’a Ă©tĂ© alphabĂ©tisĂ© que tardivement, puisqu’en 1779 il dĂ©clarait dans un acte ne savoir « ni signer, ni Ă©crire ».
Son éducation lettrée a donc été indépendante de ses origines familiales.
Toussaint sert d’abord comme esclave sur l’habitation BrĂ©da, situĂ©e sur le Haut du Cap au nord de l’Ăźle. Il est le protĂ©gĂ© du gĂ©rant Bayon de Libertat, qui lui aurait accordĂ© une « libertĂ© de savane » ; en d’autres termes, il bĂ©nĂ©ficie de la libertĂ© de mouvements sans l’affranchissement.

Selon les historiens Menier, Debine et Fouchard, son affranchissement se serait produit en 1776[5]. Mais cette date est ambiguĂ« car fondĂ©e sur un acte oĂč il est question d’un autre affranchi : on ne sait donc pas si la date indiquĂ©e le concerne vraiment. De ce fait, s’il est certain qu’en 1776 Toussaint est totalement libre, il est probable que son affranchissement remonte Ă  la fin des annĂ©es 1760 ou au dĂ©but des annĂ©es 1770. Une fois affranchi, Toussaint prend comme patronyme « BrĂ©da », le nom de l’habitation dont il avait Ă©tĂ© l’esclave.

En 1779, on retrouve Toussaint BrĂ©da Ă  la tĂȘte d’une habitation produisant du cafĂ© au Petit-Cormier et comportant 13 esclaves parmi lesquels un certain Jean-Jacques qui n’est autre que son futur successeur et empereur Dessalines, comme l’a dĂ©couvert rĂ©cemment l’historien Jacques de Cauna.
Toussaint BrĂ©da fait ainsi partie des esclaves noirs qui bĂ©nĂ©ficient, sous l’Ancien RĂ©gime, d’une ascension sociale. Sa situation, Ă  l’aube de la RĂ©volution française, est donc plutĂŽt confortable pour un Noir vivant dans les colonies. Or, la RĂ©volution française menace l’ordre socio-Ă©conomique dont il est, relativement, l’un des bĂ©nĂ©ficiaires.